INDUSTRIE & SOUS-TRAITANCE
Trésorerie d'un sous-traitant industriel : BFR long et cyclesd'investissement
Le sous-traitant industriel — aéronautique, mécanique de précision, chaudronnerie — travaille pour des donneurs d'ordre puissants qui imposent leurs délais de paiement, achète des matières coûteuses, et doit renouveler un parc machines lourd. Trois sources de tension qui se cumulent sur la trésorerie.
Et pourtant, beaucoup de ces entreprises dégagent, entre deux cycles d'investissement, une trésorerie d'attente qui reste à 0,5 % alors qu'elle ne sera mobilisée que dans douze ou vingt-quatre mois. Voici comment lisser le besoin et faire travailler cet excédent temporaire.
1. Le profil financier du sous-traitant
Quatre caractéristiques structurent la trésorerie du métier :
- une dépendance aux donneurs d'ordre, qui dictent les cadences et les conditions de paiement ;
- des délais de règlement de 60 à 90 jours, parfois plus, alors que les matières et les salaires se paient bien avant ;
- un stock matières coûteux (titane, aluminium, inox) et des en-cours de production élevés ;
- des investissements machines lourds et cycliques, qui rythment la trésorerie par à-coups.
Le BFR est donc structurellement élevé, et il faut le financer sans étrangler la capacité d'investissement.
2. Encaisser plus vite grâce aux donneurs d'ordre
Paradoxalement, la dépendance aux grands donneurs d'ordre est aussi un atout de financement : ce sont des débiteurs très bien notés.
- l'affacturage adossé à ces créances se négocie à des conditions favorables, justement parce que le risque débiteur est faible ;
- la cession Daillysur les commandes fermes permet de mobiliser le poste clients sans attendre l'échéance ;
- les acomptes à la commande, lorsqu'ils sont négociables, réduisent l'avance de trésorerie sur les longues séries.
Chaque levier transforme une créance lointaine en cash disponible — autant de BFR qui n'a plus besoin d'être financé par un découvert coûteux.
3. Financer l'outil sans ponctionner le cash
Une machine à commande numérique, c'est plusieurs centaines de milliers d'euros. La financer sur la trésorerie propre prive l'entreprise de son volant de sécurité. Les bons outils :
- le crédit-bailsur les machines, aligné sur leur durée d'usage et préservant la trésorerie ;
- les aides et dispositifs (suramortissement, soutiens à la modernisation industrielle) à intégrer au plan de financement ;
- l'étalement des investissements pour éviter de concentrer les décaissements sur un seul exercice.
On garde ainsi le cash pour le BFR, et on finance la machine sur sa durée d'exploitation.
4. Piloter la trésorerie entre les pics
Entre deux cycles d'investissement, l'entreprise accumule une trésorerie d'attente, destinée au prochain achat de machine ou à la prochaine montée en cadence. Une prévision de trésorerie glissante distingue ce besoin programmé (qu'on sécurise sur la bonne échéance) de l'excédent réellement durable. Plutôt que de tout laisser à 0,5 %, on place cette trésorerie d'attente sur un support dont la date de disponibilité colle à l'investissement prévu.
Carnet de commandes et visibilité à plusieurs années
La force d'un sous-traitant aéronautique, c'est souvent un carnet de commandes visible sur plusieurs années. Cette visibilité permet de projeter la liquidité non pas à trois mois, mais à 1, 3, 5 et 10 ans — la logique d'un modèle ALM. On sait alors quelle fraction de la trésorerie ne sera pas mobilisée avant longtemps et peut donc être engagée à moyen et long terme. Le placement de cet excédent durable relève, le cas échéant, d'une activité distincte du conseil DODDS GESTION, exercée à titre personnel comme conseiller en gestion de patrimoine associé Stellium — conseil non indépendant au sens de MIF II, rémunéré par rétrocommission de tiers, conditions communiquées par écrit avant toute souscription (IOBSP/IAS, MIF II). Le conseil en trésorerie DODDS GESTION reste indépendant et facturé aux honoraires.
Illustration : un sous-traitant aéronautique à 17 M€ de CA
Exemple représentatif construit à partir de situations rencontrées en mission — ce n'est pas un client réel. Un sous-traitant aéronautique à 17 M€ de CA dispose de 2 M€ de trésorerie, dont une partie destinée à un investissement machine prévu dans dix-huit mois. Le diagnostic isole 800 k€ de besoin d'exploitation et 600 k€ fléchés vers l'investissement à venir. Excédent réellement durable : ~600 k€.
La poche d'investissement est sécurisée sur un support à échéance dix-huit mois, et l'excédent durable placé à ~3 % — soit de l'ordre de 15 000 € par anpour cette seule fraction, sans rien retirer à la capacité d'investir. Le détail des supports figure dans notre comparatif des placements 2026.
Ce qu'il faut retenir
Chez le sous-traitant industriel, la trésorerie se joue entre un BFR lourd et des investissements cycliques. Mobiliser les créances des grands donneurs d'ordre, financer les machines sur leur durée, puis placer la trésorerie d'attente sur la bonne échéance : trois réflexes qui transforment une trésorerie subie en ressource pilotée.
C'est précisément ce que cible un audit de trésorerie, en s'appuyant sur la visibilité qu'offre votre carnet de commandes.
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